Comment voter ? à droite …

Bientôt les élections ! Voila un petit-guide pour mieux s’y repérer

 

La Révolution française

 

L’idée d’un clivage droite-gauche apparait à la révolution française. En effet dès 1789 la société française se scinde en deux. La « gauche » de l’époque qui se forme défend la révolution tandis que la « droite », elle, souhaite un retour à la monarchie absolue. La droite se caractérise donc par un rétablissement politique. Durant cette phase qui dure tout le long du XIXe siècle elle se partage en 3 franges :

 

  • Les bonapartistes : Incarnée par Napoléon Bonaparte. Les bonapartistes sont pour l’instauration d’un Etat et d’une nation forte.
  • Les orléanistes: Ils soutiennent la famille des Orléans au pouvoir sous la Monarchie de Juillet. Ils défendent une conception libérale du pouvoir et de l »économie.
  • Les légitimistes : Ils soutiennent les Bourbons. Ils militent pour le retour à l’Ancien Régime.

Mais, avec l’accession de la IIIe République, ce régime s’ancre. L’affaire Dreyfus qui se termine en 1906 témoigne de le redistribution des idées politiques. Si on omet l’extrême-droite, on peut au XXe siècle classer la droite sur 3 (voir 4) courant principaux. Mais d’abords, quels sont les éléments unificateurs de cette mouvance ? René Rémond dans ses différents ouvrages en donne la réponse.

Les valeurs communes

Je vais dresser ici un tableau des idées et valeurs communes à toutes les droites. Attention, ce sont des idées centrales qui ont des ramifications. La gauche peut aussi porter ces idées. Ce sont néanmoins des ressorts fondamentaux du discours « de droite ». Vous remarquerez que d’ailleurs qu’elles se répondent les unes les autres et forme un « tout » cohérent, un discours politique. Si selon les cas, les mouvances ou les hommes politiques de droites peuvent en dévier la ligne de force qu’elle trace reste …

La décentralisation :

De façon générale, par soucis d’un Etat fort, la droite s’oppose à la décentralisation. Adoptée en 1982 par Gaston Defferre, ce mouvement a divisé la gauche. La droite l’est tout autant sur la question, mais par culture semble réticente vis-à-vis de ce mouvement tant l’Etat est important pour elle.

L’Europe :

Il en est de même sur la question de l’Europe. Si elle n’est pas contre la création d’une Union, celle-ci doit servir l’intérêt de la nation et ne dois pas se faire au détriment de l’Etat. La question dès lors de savoir quelle Europe doit s’imposer divise les gauches. Mais un consensus existe pour savoir de quelle Europe on ne veut pas.

La laïcité :

Si la question religieuse à droite ne pose plus question (ce qui ne fut pas le cas durant la période du XIXe siècle et jusqu’en 1905 …). La division entre les deux « blocs » porte en fait sur l’organisation de cette laïcité dans l’espace public. Les gauches pensent que tout un chacun devrait pouvoir s’exprimer dans l’espace public, laissant ce dernier libre de toute intervention de l’Etat. La liberté d’expression prime. Cette vision correspond a une application à la lettre de la loi de 1905. Les droites, elles, préfèreraient ne voir aucun signe religieux s’exprimer. L’espace public ne serait pas « à personne », mais à « la nation », donc à « l’Etat ». Dès lors toute expression devrait y être prohibée.

La famille et les moeurs

Et oui. Surprenant mais c’est probablement l’élément de clivage le plus important. Hérité de la tradition chrétienne, les droites considère que la structure familiale est naturelle. Il n’y a donc pas à légiférer sur ces questions. Il n’y a pas d’innovations à apporter. On comprends mieux dès lors pourquoi la loi sur le mariage homosexuel a autant divisé la société française en 2013 … De plus, la cellule familiale (et la communauté) sont plus important pour les droites, là où les gauches mettent en avant les individus. On pourrait développer plus largement …. il s’agit en fait d’une opposition philosophique forte entre nature (droite)/ culture (gauche).  La question touche aussi les moeurs, sur le même clivage idéologique entre communauté (plutôt de droite) et l’individu (plutôt de gauche). Cette dernière opposition pose la question des libertés individuelles. Les droites considèrent normales de rogner sur l’Etat de droit pour assurer la sécurité du plus grand nombre.

L’Autorité

Dernière élément de clivage, et probablement le plus important, et celui de l’autorité. Les droites militent pour l’application d’une certaine autorité. Elle est plus importante que les libertés. En terme de sécurité la coercition est plus importante que la réinsertion, l’autorité du maitre à l’école est un élément clef de la réussite, en justice les peines doivent être fortes et respectées. Au niveau politique l’Etat doit être donc fort. La grève des fonctionnaires par exemple n’est pas envisageable

 

Les différentes droites

Voici les tendances principales. Attention n’oubliez pas que ces mouvances sont poreuses.

La droite contre-révolutionnaire

C’est la droite de Charles Maurras. C’est la droite « première » qui rejette l’idéal républicain et souhaite un retour à la monarchie. Si aujourd’hui elle diminue en influence (il suffit de voir les résultats d’un Philippe de Vilers), l’héritage chrétien et les idées contre-révolutionnaires qu’elle porte sont présents dans les mouvements droites. Etant l’élément fondateurs on les retrouve forcément « diluée ». Cette mouvance réapparait souvent en se saisissant de l’histoire. Réclamant un roman-national qui glorifierait le passé du royaume de France. Allant même jusqu’à commémorer certains épisodes. Plus qu’un courant politique donc la droite contre-révolutionnaire est devenu une école de pensée. Les politiques n’hésitent pas dès lors à utiliser tel ou tel argument (notamment en histoire) lorsque cela peut servir ses idées et ses objectifs … Néanmoisn un François Fillon qui s’incarne fortement dans cette école de penser avec son accession au primaire témoigne de l’importance de cette façon de penser dans les droites.

 

La droite libérale

Héritière de l’orléanisme du XIX siècle, Guizot la définit par son célèbre « enrichissez-vous ». Au niveau économique elle défend en effet une vision capitaliste et libérale. Elle souhaite accorder des libertés politiques (défend une vision parlementaire que ce soit de la République ou de la monarchie au XIXe). Elle est donc libérale au sens politique et économique du terme. Elle défend le parlementarisme, les libertés des individus.

C’est la droite de la IIIE république et qui de 1945 à 1958 forge la IVe politique et la porte. L’échec de ces deux régime l’a discrédité et a ainsi permet à la 3e de devenir la force de droite la plus importante.

 

 

Le Gaullisme

Pour René Rémond c’est l’héritière du bonapartisme. Néanmoins dans son ouvrage l’auteur apporte des éléments qui l’en distingue fortement. Si, tout comme le 1er, elle s’incarne dans un personnage (le Général de Gaulle) elle me semble aussi porter des idéaux actuels et qui diffère. Ainsi le gaullisme se caractérise par l’idée que l’Etat est l’instrument de l’histoire. L’Etat-Nation aux yeux des gaullistes est l’instrument qui doit permettre aux Français de régler leurs problèmes, que ce soit à l’international ou national. D’ailleurs De Gaulle rejetait l’idée d’une partition Gauche/Droite. Pour lui il n’y a qu’une « nation française ». Dans ses discours le général parlait « des Français » et de ses « compatriotes ». Les éléments idéologiques et politiques ne doivent pas partager la société. Celle-ci doit s’unir pour travailler à la grandeur de la nation. En ça, ses élus direct (députés, maires, présidents) en sont les éléments fondamentaux.

Elle porte aussi l’idée de progrès. La nation doit se projeter dans l’avenir et innover (économiquement ou techniquement, de Gaulle a pousser à développer le nucléaire par exemple). Elle doit guider (sans s’imposer) dans l’économie.

On le voit donc, pour le Gaullisme, l’Etat ne doit rien céder dans ses aspect régaliens. Il doit « aider » et « guider » dans le reste. En ce sens c’est pourquoi on peut encore se revendiquer du Gaullisme même après la disparition de sa figure tutélaire. La vraie question est de savoir si l’Etat français aujourd’hui dispose d’un pouvoir suffisant pour assumer ce rôle.

 

L’introduction du système des primaires pour le candidat du partit Les Républicains  introduit une nouveauté. Autrefois ces 3 tendances avaient plutôt l’habitude s’affronter en interne (on se souvient des rivalités Chirac/Balladur). Dans ces combats politiques les clivages entre ces mouvances étaient plus tranchées. Aujourd’hui le système d’élection oblige les candidats a avoir un discours qui doit plaire à ces 3 tendances, tout en restant dans l’une d’entre elle. Cela donne lieu a un numéro d’équilibriste.