Histoire de l’immigration en France

Voici le compte rendu du film tiré du site du musée de l’immigration que j’ai annoté d’informations pour construire le cours sur l’immigration en France.

 

 

L’immigration existe depuis l’Antiquité. Il en existe deux types, passagères ou d’installation durable.

Au Moyen-Age on migre plutôt de région à région, ce sont des migrations de proximités. Ce sont les banquiers, les théologiens, les commerçants qui s’y adonnent. Ce sont des migrations de travail. L’élite avec les ambassadeurs, les auteurs migrent à partir du XVIIIe siècle de façon significative et forment un réseau en contact à travers des écrits : la République des Lettres. Une élite culturelle européenne se constitue.

Les marins, les colporteurs eux, forment une culture populaire. Le XVIIIe siècle dessine des Etats-Nations. Avec l’âge industriel, l’immigration rentre dans l’ère des masses.

 

De 1820 à 1918 : Une 1ère vague migratoire européenne

L’agriculture et l’industrie attirent les migrants de façon temporaire des pays voisins. De nombreuses révolutions en Europe accentuent ce mouvement. La France incarne un idéal nationaliste. Elle est attractive. Des Allemands, des Polonais s’y rende après les révoltes de 1830. Beaucoup d’étrangers participent à la Commune en 1870.

Les Anglais développent une industrie en France. En 1866 les Belges sont les plus nombreux. Ils travaillent dans l’agriculture, les mines et le textile. L’immigration augmente. En 1881 on compte 1 millions d’étrangers, soit 3 % de la population française.

La baisse de la natalité, l’essor de l’exode rural et le manque de main d’oeuvre dans l’industrie attire ces migrants dans les villes. En 1900 ce sont les Italiens qui sont les plus nombreux. Ce sont principalement des ouvriers (agricole ou industriels). Ils participent à la naissance du mouvement ouvrier en France. Des Kabyles sont amené de force dans l’hexagone.

En 1889 la IIIe République fixe le code de la nationalité. On impose la nationalité aux enfants étrangers nés en France ou d’un parent né en France. Il faut donc la demander si on est né de parents immigrés. Cette disposition réduit le déséquilibre en Algérie. Le service militaire qui est obligatoire y trouve aussi un afflux de soldats. La xénophobie à cette époque est aussi très forte, contre les Belges au Nord, les Italiens au Sud (massacre d’Aigues-Mortes en 1893).

En 1888 l’enregistrement à la mairie devient obligatoire. En 1893 est instauré le permis de travail avant la lettre. C’est la feuille de 46 sous.

La période de la Belle-Epoque se caractérise par une relance économique et le plein emploi. La xénophobie diminue.

De 1914 à 1918 la 1ère Guerre mondiale change la donne. Les immigrés s’enrôlent dans l’armée. Des contingents Italiens viennent renforcer les armées. 172 000 Algériens, 160 000 tireurs Sénégalais forment les troupes coloniales. La « force noire » est favorisée sur le terrain. Les coloniaux découvrent la métropole. En Algérie des soulèvements ont lieu contre la conscription.

Dans les usines, les Belges travaillent avec les femmes. Le recrutement est organisé. La carte de travail est mise en place. C’est la fin de la liberté de circulation. Plus de 400 000 travailleurs des colonies ou pays alliés viennent travailler pour les 2/3 dans l’agriculture, et le 1/3 dans l’industrie. 130 000 viennent d’Afrique du Nord et 140 000 de Chine.

La méthode coloniale et la discipline militaire permet d’encadrer ces travailleurs. Ils sont exclus des sociétés locales et des communautés. Des tensions se créés tout comme de nouveaux stéréotypes raciaux. Des camps d’internement sont aussi mis en place pour les Allemands.

 

De 1919 à 1939 : Une immigration de masse

Face au besoin de main d’oeuvre et à la saignée de la 1ère Guerre Mondiale la France recrute à grande échelle.

En 1921 on dénompbre 1 million 530 milles étrangers. En 1926 ce chiffre passe à 2 millions 400 mille. Et en 1931 c’est environ 3 millions d’étrangers qui vivent en France, soit 7% de la population. C’est le premiers pays d’immigration devant les Etats-Unis qui a mis en place des quotas pour limiter la sienne. La Pologne, l’Italie, la Tchéquoslovaquie signe des traités avec la France. Cette dernière garantit l’égalité des salaire. 3 ans de séjour au lieu de 10 son désormais requis pour obtenir la naturalisation.

C’est la Société Générale d’immigration, organisme privé, qui organise l’immigration. Elle est à la botte de grands patrons français.

Des Polonais, des Russes, des Arméniens (victime du génocide en Turquie) arrivent en France. Dans le Sud-Ouest les Italiens et Espagnols s’installent évitant la désertification des campagnes. A Paris, de nombreux antifascistes qui fuit les dictatures se réfugient.

A partir de 1932 lorsque la crise économique touche la France, la situation des étrangers changent. Les Portugais et les Polonais sont renvoyés chez eux. La Loi de préférence nationale est instaurée. Le Front Populaire en 1936 leur accorde un répit. Les rapatriements sont suspendus. Mais les décrets lois mis en place par Daladien en 1938 les relancent. Des camps sont installés autour de Perpignan.

 

1934 à 1945 : A partir de l’Occupation les anciens Républicains espagnoles (environ 5 000) sont envoyé dans les camps.

Sous Vichy les étrangers sont des indésirables. Les Juifs sont dénaturalisés. Les travailleurs étrangers sont regroupés avec les coloniaux et sont utilisés par l’occupant. Les Juifs « étrangers » sont déportés. Les départs sont massifs à partir de 1942. L’exemple le plus connus est la rafle du Vél d’Hiv qui s’est déroulée le 16 et 17 juillet en 1942.Les étrangers s’engagent dans la résistance. On lutte surtout contre le nazisme. Le combat est idéologique. Les communistes utilisent et acceptent les étrangers. Le groupe Manouchian participe à cette mythification. La participation d’Espagnols dans les FFL (2e DB) et dans les FFI.

 

De 1945 à 1974 : Les 30 glorieuses

 

Après la guerre, les étrangers qui ont participé à la libération sont désormais considérés comme intégrés.

Après la 2e Guerre Mondiale le pays est à reconstruire. On fait à nouveau appel à l’immigration étrangère. L’immigration européenne reprend. On a exactement la même situation que pour les années 1900 à 1930. Le taux d’étrangers en France est de 6,5%. C’est l’agriculture, le BTP et l’industrie lourde qui attire le plus. On applique à nouveau la politique « d’immigration choisie » (tout comme les pays d’Europe de l’époque).

Cette période de plein emploi facilite l’intégration de ces populations. Deux événements vont néanmoins changer l’immigration en France : la décolonisation et mai 68.

On considère désormais que les migrations européennes s’intègrent mieux que les migrations postcoloniales, ensuite que les Français sont des « racistes ordinaires ».

 

De 1970 à aujourd’hui 

 

Comme vu précédement, la déliquescence de l’emploi industriel et agricole fragilise les populations immigrés durant la période. Leurs enfants (2e génération) sont les plus touchés. L’explication de leur précarité et soi-disant problème d’insertion provient du milieu socio-professionnel (G. Noiriel et Bourdieu).

En 1981 le « rodéo des Minguettes » stigmatise les Maghrébins de façon définitive. Mitterrand lorsqu’il arrive au pouvoir annonce qu’il régularise tout les sans-papiers. Les immigrés affluent. Au cours du moi de Juillet, des jeunes de la cité des Minguettes s’en prennent aux forces de l’ordre (8 policiers blessés). De tels émeutes ont déjà eut lieu dans les années 70, mais n’était nullement politisés et se contenté d’être des « faits divers » de la presse locale. Elles sont ici reprises par la presse nationale et politisés. Le discours national-sécuritaire se conçoit alors du côté de la droite. L’extrême droite commence aussi à afficher des scores importants. C’est de même la naissance de la France « black, blanc, beurre ».

A noter qu’en 98 les mêmes arguments à l’opposé sont utilisés pour louer l’intégration française avec la victoire des « Bleus » à la coupe du monde de foot

La France accueille aujourd’hui dans sa population 11% d’immigrés. Elle est le 6e pays en terme d’accueille.