Le monde habité : une géographie des peuplements

Voici une recension de l’introduction de la doc photo sur les peuplements de la planètes. Très utile aux élèves de seconde.

 

Une transition en géographie est le passage d’un état d’équilibre à un autre. Au milieu du XVIIIe siècle ; le recul de la mortalité en Grande-Bretagne rompt le régime démographique ancien. Elle entraîne aussi la concentration urbaine.  La population mondiale est multipliée par 4 entre 1913 et 2015. D’ici 2100 on estime qu’elle devrait augmenter de 50%

Un peuplement inégalement réparti 

Si continents forment l’oekoumène (monde habité) ce qui correspond à 135 millions de km²

Des écarts de densité considérables

L’étendue réelle du monde habité est estimé à 125 millions de km². En 2015 on comptabilise 7, 35 milliards d’habitants, ce qui fait une densité moyenne de 60 hab/km².

80% de la population occupe ainsi seulement 16% de ma superficie de l’oekumène. 53% des espaces qui ont une densité inférieure à 10 habitants au kilomètre carré concerne 2% de la population mondiale. 54% de la population mondiales est regroupée dans 24 pays du quart sud-est de l’Asie.

Le poids relatif des conditions naturelles

A plus de 5 000 mètres d’altitude on rencontre un climat froid. L’habitat y est rare.

De 1 000 à 3 000 mètres. Les conditions là sont bonnes avec des montagnes aux climat tropical souvent. En région tempérées elles restent trop froide.

Le froid est la principale contrainte naturelle pour l’homme. En Sibérie, l’Islande et l’Alaska la densité est de 3 à 4 hab/km²

La sécheresse est seulement la 2e contrainte. On y trouve des fortes densités quand il y a des points d’eau.

La longue durée des formations de densité.

Dans l’Antiquité on trouve 95% des habitants à la campagne contre 5% en villes. Ces dernières se font le relais du pouvoir étatique. L’espérance de vie est alors de 25 ans. La population se concentre alors en Chine, en Inde, au Proche et au Moyen-Orient. Pour Jean-Noël Biraben on aurait vers – 400 150 millions d’habitants et vers 1700, 680 millions.

D’après le théorème de Gibrat la croissance économique distribuée de façon inégalitaire a favorisé les régions les plus densément peuplés au départ (sauf en cas de guerre comme en Asie ou avec les Amérindiens …).

Pourquoi l’Eurasie ?

Ce serait la révolution néolithique qui aurait favorisé l’Eurasie. Celle-ci ce serait diffusé du Proche et Moyen-Orient vers le bassin méditerranéen et vers l’Asie.

Des routes commerciales se seraient établies facilement sur cet axe ouest/est car le climat est similaire. Le cabotage y est possible. La promiscuité entre les hommes et le bétail est à l’origine de nombreuses épidémies comme la peste. Cela permit aussi de renforcer les immunités.

En Afrique la diffusion de l’agriculture aurait été plus lente a cause du climat. Elle aurait suivi là un axe Nord/Sud, d’un milieu tempéré à tropical. Un essor a eu lieu aussi sur un axe Ouest/Est qui favorisa d’ailleurs les empires médiévaux. La progression fut lente dans les forêts tropicales (Congo …).  De la fin du XVe au XIXe, comme l’écrit l’auteur de la doc photo  » partout, la conquête coloniale s’accompagne d’un choc épidémiologique et d’une crise démographique. L’écart de densité entre les Nouveaux Mondes américains et océaniens et l’Ancien Monde reste aujourd’hui encore considérable. »

La transition démographique

Le contrat

D’après Angus Maddison on aurait eut en 1815 1 millions d’habitants.

La population aurait atteint en 1914 les 1,7 milliards puis les 7,3 milliards en 2015 grâce au processus de développement.

Qu’est ce que la transition démographique ?

Concept créé en 1929 par Warren Thompson. Repris par l’ONU en 1945.

« La transition démographique est un processus de transformation profonde du monde habité ». « Cette transition résulte du développement, et non de l’inverse ». L »accroissement démographique soutient la croissance économique à la fois par la consommation et à la fois par le travail. Les 2 processus font donc système.

Disette et épidémies régulent de façon malthusienne la population. Phénomène associé à l’isolement des région. Au XVIIIe siècle on a une circulation des denrées agricoles et une accumulation du capital qui entraîne la révolution industrielle.

Les paysans, sous-employés abandonnent la terre pour devenir ouvrier.

Mécanismes de la transition démographique

L’accroissement de la longévité s’accompagne de la transition de la fécondité. Ce qui entraîne une progression de l’espérance de vie. C’est le moteur de la transition démographique.

Il existait 3 fléaux pré-transition : maladie/guerre/faim

L’époque s’accompagne d’une disparition des disettes, d’une amélioration de l’hygiène. La mortalité infantile baisse et l’espérance de vie augmente.

Une hausse du niveau de vie a lieu. Elle entraîne aussi une hausse de l’accès à l’éducation. Ce sont désormais les maladies dégénératives les plus mortelles maintenant.

La fécondité dépend des sociétés. En Europe la contraception et l’avortement n’ont par exemple aucun effet sur la fécondité. Preuve en est, elle n’ont été autorisé qu’après la transition démographique.

Ainsi, la progression du niveau de vie est une précondition indispensable à la baisse de la fécondité. L’accès des jeunes femmes à l’éducation fait disparaître les mariages précoces.

On identifie 4 phases qui sont toujours les mêmes bien qu’elles varient selon les pays.

 

1°) L’ancien régime démographique. La fécondité et la mortalité sont fortes. La croissance freinée par le « frein malthusien » (c’est-à-dire en jouant sur le développement justement).

L’espérance de vie tourne autour de 25 ans vers 1815. 43% de mortalité infantile pour les enfants de moins de 5 ans pour Max Roser. La fécondité est de 6 enfants par femme en moyenne.

2°) 1ère phase de la transition démographique

Recul de la mortalité. Fécondité élevée.

Les pays en développement ont été concerné dans le 3e quart du XXe siècle

3°) 2e phase de la transition démographique

Baisse de la fécondité. Concerne aujourd’hui l’Afrique subsaharienne

4°) Démographie post-transitionnelle

Situation d’équilibre. Seul 0,6% des enfants de moins de 5 ans décèdent. En 1940 l’espérance de vie est de 77 ans.

Certains pays ne renouvèlent pas leur population. D’autre l’ajuste avec l’immigration comme la France.

Le Japon, l’Allemagne, la Russie, l’Ukraine sont en déclin démographique. L’inertie démographique est déjà lancée. La majorité de la population de 2050 est désormais née.

Diffusion de la transition démographique

La 1ère phase de diffusion a eu lieu de 1700 à 1914. Les pays européens, les colonies et les pays neufs connaissent la révolution industrielle et la transition démographique. Ils passent de 23 à 37% de la population mondiale. Soutien ainsi l’expansion coloniale.

55 millions d’Européens migrent entre 1820 et 1920 vers l’outre-mer. La population mondiale triple.

La phase 2 a lieu au XXe siècle. La diffusion de la révolution industrielle et la transition démographique s’étend aux pays non-occidentaux.

La population mondiale est multipliée par 4 (1,8 à 7,3 milliards d’habitants).

La Chine et l’Inde jouent le rôle de nouveaux centres de gravité. L’Asie émerge.

Une 3e phase devrait toucher le XXIe siècle. L’Afrique émergerait. 11 milliards d’habitants sont attendus pour 2100.

 

La transition urbaine

En 1913 le taux d’urbanisation est de 15%. En 2100 il sera de 50%

La transition urbaine, fille de la révolution industrielle, fille de la révolution industrielle

Les villes sont des mouroirs à cause de l’insalubrité.

La hausse de l’espérance de vie libère la main d’oeuvre dans les campagnes (on quitte le modèle de subsistance) et permet d’aller en ville. La révolution industrielle et l’urbanisation sont donc systématiquement associées.

Métropoles et mégapoles

La transition urbaine se traduit par l’accroissement de la taille et du nombre de villes.

« La géographie humaine a démontré comment un territoire est organisé autour d’un réseau urbain hiérarchisé qui rassemble lieux de pouvoir, de culte, et places du marché. »

Le phénomène de grande ville apparaît dans l’Antiquité (Athènes Ve siècle a.C., Alexandrie IIIe siècle a.C., Rome Ier ….). Dépendent toujours d’un réseau commercial international qui dépasse les limites de l’empire dont elles sont le centre. Elles organisent des « économies-mondes » autour d’elles. On compte aujourd’hui plus de 500 villes millionnaires.

Les travaux de Saskia Sassen définissent le concept de villes-globales. Elles se caractérisent par leur rayonnement économique, politique, culturel. Et pas uniquement leur nombre d’habitants.

Diffusion de la transition urbaine

A partir de 1950 taux d’urbanisation progresse de façon générale. La moyenne mondiale est de 30 à 54% en 2015. L’écart Nord/Sud se resserre. La France passe de 55 à 80%

 

Le poids des migrations

« Les migrations, qu’elles soient internationales ou domestiques, résistent à toutes les approches théoriques qui ont été tentées jusqu’à présent. Les migrations internationales soulèvent notamment des questions géopolitiques. »

Qu’est-ce qu’une migration ?

Nomadisme, étudiants en stage, touristes … Toutes sont des mobilités.

La migration correspond à un changement durable d’espace de vie pour des populations sédentaires.

Wilbur Zelinski (1971) définit la transition migratoire.

Deux vagues de globalisation migratoire

1°) Du Nord vers le Sud

Les « Pays neufs » et les « Nouveaux Mondes » en profitent dans la 1ère phase. Les Etats-Unis en 1790 abritent 3,9 milliards d’habitants. En 1910 ils sont 92,3 milliards d’habitants dont 13% sont nés à l’étranger …

En 1913 80 millions d’Européens seraient parti. Devient un modèle dans le paysage mondial.

Avec la décolonisation les pays du Sud sont entrés dans la transition démographique et la révolution industrielle. Les flux se sont inversés. Il y a un basculement.

2°) Du Sud vers le Nord

Les immigrés se concentrent dans les grandes métropoles transactionnelles.

Le stock de migrants internationaux (personnes résident dans un pays différents d’où ils sont nés). 3% de la population mondiale (soit 244 milliards d’habitants) en 2015. 50% de ce « stock » se trouve dans l’OCDE.

Les Etats-Unis, le Canada et l’Australie attirent l’Asie ou l’Amérique latine.

Les migrations dans l’UE sont considérés comme une migration domestique.

3°) Nouvelles formes de migrations internationales

Migration aujourd’hui dites « hédonistes » (Etats-Unis vers le Mexique ; France et Grande-Bretagne vers le Portugal et le Maroc) pour retraités ou actifs. C’est très peu. Correspond à 14% des ressortissants pour la France.

Réfugiés et personnes déplacés

16 millions de personnes déplacés en 1998 est passé à 65 millions en 2015. On comptabilise aujourd’hui 21 millions de réfugiés en 2015. La différence entre les deux tient au franchissement d’une frontière ou non.

Les accords de Genève de 1951 et le HCR encadre les réfugiés qui n’ont plus de protection nationale. Les Syriens sont donc des réfugiés …

En 2008, 21 millions de personnes déplacés pour des raisons diplomatiques.